Nouvelle d'aujourd'hui


Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu une brochette de tailleurs de marque pareille !  Et pourtant, c’était bien moi qui était assise là, à regarder sans en avoir l’air mes nouvelles compagnes de torture qui attendaient tout comme moi que la porte sur laquelle était inscrit « directeur » en lettres d’or s’ouvre. Ce n’était pas mon premier entretien d’embauche et j’avoue qu’une sorte de désinvolture s’emparait maintenant de moi lorsque je me rendais à ces rendez-vous. J’avais toujours l’impression d’être dans une salle d’attente bondée à la différence près qu’au lieu d’avoir peur d’attraper le rhume ou la grippe d’un morveux assis à coté de vous, on avait plutôt peur d’attraper le stress des autres qui ne faisait que monter au fur et à mesure des

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Idées préconçues et fausses appréhensions (Austinerie)


   

1.

 

Tout le monde s’accorde à dire que le petit village de Lanthood était le plus tranquille d’Angleterre. Avec ses collines et sa rivière qui le traversaient, la douce société de ce village avançait avec un attachement farouche aux valeurs traditionnelles. Aussi, celui-ci n’attirait guère les jeunes gens pour qui la ville la plus proche manquait elle-même des divertissements les plus élémentaires. La seule distraction qui faisait venir le monde se passait au château de Lanthood : chaque année, en juillet, était organisé un bal que même la capitale leur enviait. Pour la famille Rossdath, surtout pour la mère, c’était le seul moment de l’année où elle avait l’espoir que ses deux filles trouvent un bon parti tandis que celles-ci, surtout la plus jeune, ne pensaient qu’à y danser. 

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Le petit malade (nouvelle/science fiction)


Jean se trouvait dans une chambre sombre que seuls les quelques rayons du soleil tentaient d’éclaircir. C’était l’été, il faisait déjà chaud, et pourtant personne ne s’en plaignait. La chaleur, le beau temps rendaient radieux ses frères et sœurs. Une piscine les attendait, eux. D’ailleurs, alors que Jean ne pouvait s’empêcher de les envier, il savait pertinemment qu’ils dormaient à poings fermés, eux. Quant à lui, il souffrait.    C’était l’enfant malade de la maison. En attente d’un nouveau cœur qui ne venait pas, il survivait, il s’essoufflait plutôt. Il n’était que six heures du matin et déjà le sommeil ne lui pesait plus. Il était aussi éveillé qu’un businessman qui n’arrive pas à décrocher du marché. Un dimanche matin, à six heures, pendant les grandes vacances, il était là, immobile, assoiffé de vie et pourtant dans le corps semblable à celui d’un vieillard. Malgré lui, il avait quitté le doux cocon des rêves de l’enfance. Allongé de jour comme de nuit, mais toujours fatigué, il se languissait. A sept ans, que connaissait-il de l’enfance ?  

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Conte de Noël 2015


Il était une fois, un homme nommé Alfred. Il vivait seul dans une grande maison de la Nouvelle Orléans. Sa vie était triste. Il pensait au jour que l’on allait bientôt fêter, celui de Noël. En ce 21 décembre, à quatre jours de la fête, il se rappela ce qu’il avait toujours dit à sa famille : Noël, ce n’est qu’une fête commerciale ! Pourquoi y a-t-il autant de cadeaux dans les boutiques ? Non, désolé, mais je ne crois plus au père Noël. Il avait alors douze ans, l’âge auquel on croit tout savoir ! L’âge auquel on commence à ne plus croire les parents... Et il

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Le prince mal habillé (conte)


Il était une fois, dans un pays peu éloigné mais si peu connu et si petit que les anciens l’avaient qualifié de lointain (croyant que tout ce qu’ils ne connaissaient pas était lointain), se trouvait un prince si beau, si poli, prévenant et courtois que tous les princes des pays alentours faisaient leur possible pour que personne ne connût son existence, de peur qu’aucunes princesses ne veuillent plus d’eux. Cependant, arrivé à un âge où les princes courtisent les demoiselles, notre pauvre prince n’avait alors jamais pu rencontrer aucune jeune fille. Son père et sa mère s’inquiétaient, ne comprenant pas ce qui se passait. Ils décidèrent d’organiser un grand bal et d’y inviter tous les gens de bonne condition des pays voisins, espérant qu’il rencontrerait quelques personnes.   

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Cerise avait un t shirt couleur vert pomme (nouvelle)


Préface nécessaire : la rencontre

Ce jour là, «  Cerise avait un t-shirt couleur vert pomme ». La valise au-dessus de la tête et les pensées en vrac, elle était assise là, dans ce train, d’une manière aussi incertaine qu’elle avait choisi la couleur de son t-shirt. Il l’avait vue de loin, et comment ne pas la manquer ? C’était la seule fille enrubannée dans une de ces couleurs qui vous saute au visage et vous donne la nausée pendant tout le voyage.

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